
Lisa
Lisa, 15 ans, et sa mère vivent simultanément de nouvelles expériences. Lisa se fait un nouvel ami, et sa mère rencontre quelqu'un. Peu à peu, l’équilibre de leur duo vacille et tout ce qu’elles pensaient solide commence à bouger. Comment trouver sa place quand on a 15 ans et l’impression que personne ne vous écoute vraiment ?
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L'équipe artistique
Mise en scène Clotilde Daniault
Interprétation Nicolas Devort
Production Sylvain Berdjane
Lumière Cédric Henneré
Un spectacle sur le fait d’avoir 15 ans, de vouloir comprendre le monde pendant que les adultes semblent déjà perdus eux-mêmes ? Ajoutez à ça le nom de Nicolas Devort, auteur de Dans la peau de Cyrano dont tout le monde nous parle depuis des années, et forcément, ça nous donne envie !
La critique de l'Affiche
L'avis de
Martin
« Bonjour, je m’appelle Lisa, j’ai 15 ans ». Quand Nicolas Devort, comédien d’une petite cinquantaine d’années, commence son spectacle avec ces mots, il faut de l’imagination pour le croire. Il est habillé tout en noir, sans aucun costume ni décor. Il ne modifie ni son apparence, ni même vraiment sa voix. Et pourtant, on y croit. J’adore ce théâtre qui peut créer un moment suspendu avec rien ou presque. J’ai été servi.
Dans son premier spectacle, immense succès et toujours à l’affiche du Off, Dans la peau de Cyrano, Nicolas Devort ne raffolait déjà pas d’accessoires et de décors. Là encore, la sobriété est de mise. Ici, il y a trois ou quatre séquences de lumière maximum, quelques musiques ici ou là et le comédien, seul sur scène. Il jongle d’un personnage à l’autre avec une aisance déconcertante et fait preuve d’un jeu fabuleux et convaincant. Grâce à une posture, une intonation, un accent, on comprend toujours qui parle et on traverse son récit avec une admirable fluidité. Car c’est bien ça l’enjeu : laisser toute la place au texte, à l’histoire et aux propos.
La première surprise apparaît au bout de quelques minutes : étonnamment, je me suis déjà attaché à cette Lisa. Une jeune fille d’aujourd’hui qui malgré les inquiétudes sur l’avenir et les petits manques du quotidien s’est créé un équilibre complaisant. Mais il y a ces rencontres : celle de sa mère avec un nouveau compagnon et la sienne avec un camarade de classe. On devient alors témoin d’une sorte de mouvement : l’équilibre que je citais se modifie et crée ces petits moments de vie où l’on est obligé de grandir un peu plus vite ou de parler un peu plus fort. Si l’on devait séquencer nos vies, on a tous vécu des instants de bascule qui nous emmènent dans une nouvelle période. C’est exactement le propos.
Enfin, ça en est un, car ce spectacle est extrêmement riche ! Lisa doit faire un exposé sur le thème « Imaginez le monde de demain ». Autant vous dire qu’il y a à dire ! Face à tous les enjeux de notre société : urgence climatique, harcèlement scolaire, misogynie intégrée, tout est habilement et justement abordé. Sauf qu’à un moment donné, le récit glisse. Le changement de Lisa et de sa mère n’est pas vraiment celui espéré. L’histoire plonge dans une autre dimension qui nous attrape. Le ventre se serre, les émotions montent, la colère surgit. Il y en avait déjà, mais elle redouble d’intensité. Mais je dois dire que je ne m’attendais pas au bouclement de la deuxième partie du spectacle qui m’a vraiment cueilli.
LISA, c’est la promesse d’un théâtre clair, direct, sincère, juste, au service d’une chose : l’émotion. Allez-y.
















