
Sucrer les fraises
Charlie est un enfant tête en l'air, et sa grand-mère, elle, perd la sienne. Les adultes disent qu'elle "sucre les fraises" - il ne voit pas trop le rapport. Quand il apprend qu'elle risque de finir dans une mystérieuse maison si elle rate son contrôle chez le docteur de la tête, Charlie est prêt à tout pour l'aider à retrouver le chemin de ses souvenirs.
2026-07-04
14:20
2026-07-05
14:20
2026-07-06
14:20
2026-07-07
14:20
2026-07-08
14:20
2026-07-10
14:20
2026-07-11
14:20
2026-07-12
14:20
2026-07-13
14:20
2026-07-14
14:20
2026-07-15
14:20
2026-07-17
14:20
2026-07-18
14:20
2026-07-19
14:20
2026-07-20
14:20
2026-07-21
14:20
2026-07-22
14:20
2026-07-24
14:20
2026-07-25
14:20
L'équipe artistique
Mise en scène Justine Vultaggio
Avec Matthieu Le Goaster, Jérémie Lutz, Margaux Wicart
Costumes Marion François
Collaboration artistique Francesca Testi
Scénographie Raphaël Bertomeu
Dessin Natacha Bigan
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
La première fois que j'ai entendu le pitch de Sucrer les fraises, c'était après une représentation de Pourquoi les gens qui sèment et je me suis demandée si l'auteur, Sébastien Bizeau, n'était pas lui-même en train de sucrer les fraises ! Après deux pièces politiques aussi réussies, j'ai eu du mal à me projeter sur son histoire d'enfant face à Alzheimer. Mais bon, ça fait un moment qu'on suit la compagnie, alors on fait confiance. Damned, on a bien fait !
Moi, quand on me dit Alzheimer, j'ai plutôt en tête quelque chose de douloureux. Sébastien Bizeau, apparemment, beaucoup moins. Il réussit le pari de parler d'un sujet grave avec beaucoup de légèreté. Je ne m'attendais pas à passer une grande partie de Sucrer les fraises le sourire aux lèvres (parfois avec un goût salé, mais quand même). Parce que la maladie, on peut la considérer d'un point de vue adulte, c'est-à-dire en voyant ce qu'elle entraîne, les problèmes, les contraintes, le stress et l'imprévu, ou alors on peut la considérer du point de vue de l'enfance, c'est-à-dire ce qu'elle est - en l'occurence, ici, une perte de mémoire. Le spectacle suit complètement cette dichotomie, parvenant à entremêler constamment les deux univers.
C'est comme si vous étiez sur des montagnes russes entre deux mondes. Là-haut, le monde des adultes, sérieux et sans concession, puis après une bonne chute libre, celui des enfants, plus naïf, enthousiaste, et coloré. Si les deux mondes coexistent, si les deux partis ont du répondant, la teinte majoritaire du spectacle, c'est celle de l'enfance : même si on s'approche de l'âge des parents, on ne peut s'empêcher, je crois, de s'identifier au jeuneCharly et d'adorer le lien si complice qu'il partage avec sa grand-mère.
Il faut dire aussi qu'il a su saisir toute la spécificité de cet âge. Le personnage de Charlie, jamais sous-estimé, est dépeint avec beaucoup de tendresse et Jérémie Lutz qui l'incarne est simplement prodigieux. Malgré un bon mètre 80 et une carrure athlétique, il est un Charlie plus vrai que nature, d'une authenticité folle. L'enfance est par ailleurs prétexte à beaucoup de jeux de mots très chouettes, qui sauront aussi ravir les plus jeunes - quand les moins jeunes savoureront eux un premier degré propre à cet âge donnant lieu à de bien jolies bourdes.
Vous l'aurez compris : j'ai été conquise par le texte, par ce qu'il arrivait à reproduire, par les états dans lesquels il pouvait me plonger. Il faut dire aussi qu'en s'associant pour ce projet avec Justine Vultaggio à la mise en scène, le spectacle explore une tout autre palette visuelle. C'est plein d'idées, c'est foisonnant, et ça renoue avec cette magie de l'enfance où deux bouts de tissu suffisaient à faire décoller une fusée. Et j'oublie encore de dire tellement de choses : le bonheur des jeux d'enfants, la douleur dans les yeux fatigués des adultes, la délicatesse avec laquelle on parle d'aidant, l'espoir qui envahit Charlie à chaque nouvelle, l'imaginaire qui occupe tant de place, les couleurs qui réjouissent, et cette marionnette à laquelle on s'attache progressivement et qu'on aimerait enlacer. Mais je vous rassure : c'est pas que j'ai perdu la mémoire, c'est juste que les mots ne viennent pas.















