
Dans la peau de Cyrano
La rentrée au collège s’annonce difficile pour Colin, pour qui le chemin vers le monde des grands peut être semé d'embûches. C’est sans compter sur son nouveau professeur de théâtre qui va l’accompagner avec bienveillance dans ce voyage et cette renaissance. Colin se reconnaît à travers Cyrano, ayant lui aussi une “différence” et devant se confronter à jugement des autres.
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L'équipe artistique
Texte, musique et interprétation Nicolas Devort
Direction d’Acteur Clotilde Daniault
Collaboration Artistique Stéphanie Marino
Création lumières Jim Gavroy
Création graphique et dessins Olivier Dentier
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Mon personnage préféré de tout le répertoire, plus de 1200 représentations à travers le monde, un nombre incalculable de présences dans le OFF, 3T dans Telerama, et vous vous demandez pourquoi je ne l'ai pas encore vu ? Mais moi aussi je me le suis demandé, en fait... Et comme je n'avais pas de réponse valable, cette année, j'ai enfin décidé de réparer cette immense erreur ! Et devinez quoi ? J'ai bien fait !
J'ai souvent tendance à considérer Cyrano comme un personnage brillant plutôt que comme moche. Son panache efface sa laideur, son nez "qui d'un quart d'heure en tous lieux [le] précède" devient une signature plutôt qu'un défaut. À l'adolescence, âge où chaque complexe pèse une tonne, le message est précieux : on peut briller malgré - ou grâce à - ce qui nous distingue. Nicolas Devort l'a bien compris, et en a fait une pièce sur la différence qui fait du bien même à l'adulte (toujours complexée hélas) que je suis !
Cyrano, c'est le spectacle de fin d'année qui va être monté dans la classe de Colin, nouvel élève complexé par son bégaiement. On plonge avec lui dans cet univers jungle si particulier qu'est le collège, où tout est exacerbé : c'est bruyant, ça parle fort, il faut "trouver sa place" alors même qu'on ne sait pas qui on est. Une pluralité de profils, des egos qui se cognent, les timides qui s'écrasent face aux extravagants : la dynamique de groupe est vraiment réaliste, avec juste ce qu'il faut de caricature et de pointe d'humour pour éviter l'angoisse et la transformer en rire. Et, au milieu de ce petit monde, un prof idéal, le genre bienveillant, doux, soutenant, le genre de ceux qu'on aimerait tous avoir croisés.
Entre les scènes de cours de théâtre, électriques, et les moments de préparation du texte, plus intimes, le rythme ne faiblit jamais. C'est un spectacle familial, assumant une certaine naïveté, qui donne envie à chacun, sur scène comme dans la salle, de pouvoir être soi. Et le choix de Cyrano, dans tout ça, est loin d'être anodin. Cette honte d'être différent, on l'a tous connue, sous une forme ou une autre, même si elle n'est pas toujours aussi visible qu'un nez immense ou qu'un bégaiement, et ces personnages, ils nous ressemblent tous un peu. Reste un dernier mérite, pas des moindres : le spectacle rend Cyrano accessible aux plus jeunes. On y découvre les plus grandes tirades, on effleure l'histoire de l'œuvre, ce qui en fait une porte d'entrée plutôt réussie vers Rostand. De quoi ravir Mordue !

















