
SarkHollande
Nicolas Sarkozy monte sur scène comme dans un stand-up et rejoue son quinquennat. Il s’accroche autant que possible au micro, mais le public finit par le lâcher. François Hollande prend le relais avec l’envie de bien faire, mais la situation lui échappe peu à peu. Au milieu, Leïla raconte sa propre histoire, et peu à peu l’intime rejoint le politique pour faire apparaître toute une époque.
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L'équipe artistique
Mise en scène Léo Cohen-Paperman
Texte Julien Campani, Léo Cohen-Paperman et Clovis Fouin
Collaboration à la mise en scène Esther Moreira
Collaboration artistique (clown de F. Hollande) Valentin Boraud, Julien Campani
Avec Valentin Boraud, Clovis Fouin, Ada Harb
Scénographie Anne-Sophie Grac
Costumes Manon Naudet
Maquillage et coiffures Pauline Bry
Lumière Léa Maris
Création sonore Lucas Lelièvre
Régie générale Thomas Mousseau-Fernandez
Régie son Léonard Tusseau
Direction de production Léonie Lenain
Diffusion Anne-Sophie Boulan
Communication et médiation Lucile Reynaud
Administration Clara Rodrigues
Logistique Juliette Lecourt
Presse Francesca Magni
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Si vous vous intéressez au théâtre politique vous n'avez pas pu passer à côté de la série Huit rois (nos présidents) de Léo Cohen-Paperman qui s'intéresse, chaque fois sous une forme différente, aux différents présidents de la Ve République. J'avais adoré Génération Mitterand et Le Dîner chez les Français de Valéry Giscard d'Estaing, j'ai bien l'intention d'aller découvrir La Vie et la mort de Jacques Chirac, roi des Français, cet été à Avignon. Bref, vous avez compris : je suis fan. Alors pour rien au monde je ne pouvais manquer Sarkhollande !
La forme choisie pour ces deux présidents est celle d'un spectacle - stand up pour Nicolas Sarkozy, clown pour François Hollande. Le premier rire commence quand Clovis Fouin, quasi-sosie de Nicolas Sarkozy, entre en scène. Il n'a pas dit un mot, mais la gestuelle est là, et le potentiel comique aussi. On retrace la campagne, les écarts du personnage, les vannes s'enchaînent.
Mais assez vite, on se demande si le format est le bon pour ce président-là - ou plutôt si la proximité avec le modèle n'est pas son propre piège. La ressemblance est telle que le personnage se confond avec le comédien, et que ce dernier se retrouve à incarner quelqu'un que la salle déteste cordialement. On est très près de la caricature, et le personnage est proprement détestable - ce qui est en soi une performance, mais qui laisse peu de place au plaisir du spectateur. Et faire le show quand une salle entière est contre, c'est dur. Ceci étant, je suis sûre qu'avec les premiers retours de spectateurs, cette première partie pourra être ajustée pour mieux fonctionner avec la salle.
La deuxième partie joue déjà sur un autre registre. Hollande grimé en clown ressemble moins à Hollande, et le spectacle s'éloigne du personnage politique pour se concentrer sur les pitreries du genre. Le détachement fait du bien : les vannes sont moins attendues, moins chargées de ressentiment, le rire se détend. En s'affranchissant de la ressemblance, on gagne en légèreté. Et paradoxalement, en vérité.
Le spectacle monte en puissance jusqu'à une troisième partie qu'on ne dévoilera pas trop. C'est là qu'il trouve sa pleine mesure : après deux portraits en forme de caricatures assumées, arrive un troisième personnage dans un solo qui navigue de gauche à droite, intime et épique à la fois, porteur de toute la complexité que les deux premiers avaient mise de côté. Le spectacle retombe sur ses pattes, et c'est mérité.


















