
L'hors-présence ou Chimères du pays de Morsan
Dans une maison au bord d’une forêt, une jeune femme gravement malade réunit ses proches pour organiser ses derniers jours. Elle a tout prévu, ou presque. Car une fois les consignes données, plus personne ne semble vraiment savoir quoi faire. À mesure que ses volontés deviennent plus floues, les tensions montent et l’équilibre familial commence à se fissurer.
2026-07-04
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L'équipe artistique
Avec Emma Bolcato, Teddy Chawa, Thomas Gonzalez, Paula Luna, Édith Mérieau, Catherine Mestoussis, Thierry Paret et Adrien Rouyard
Avec la participation vidéo Hélène Raimbault, Patrick Harivel
Texte et mise en scène Tiphaine Raffier
Dramaturgie Lucas Samain
Assistanat à la mise en scène Mathilde Saillant
Scénographie Hélène Jourdan
Lumière Kelig Le Bars
Vidéo Vincent Pinckaers
Cadrage Raphaël Oriol
Son Hugo Hamman
Musique Sylvain Jacques
Costumes Caroline Tavernier assistée de Paloma Donnini
Maquillage et perruques Judith Scotto
Régie générale Olivier Floury
Régie plateau Nicolas Bignan, Pierre Frenkel
Régie vidéo Nicolas Morgan
Régie son Hugo Hamman
Régie lumière Christophe Fougou
Régie maquillage et perruques Emmanuelle Flisseau
Construction du décor Atelier du Nouveau Théâtre Besançon CDN
Traduction anglaise pour le surtitrage Sophie Troyna-Martins / La Pixelière
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Éprouvant. C'est le premier mot qui me vient devant le spectacle. Il parle de fin de vie, je le sais, je m'y étais préparée, mais quand même. Éprouvant, mais jamais larmoyant. Simplement très réaliste, et très bien réalisé. On est emporté par cette famille qui semble constamment au bord du craquage. Le plateau entier semble à fleur de peau. Quelque chose est prêt à exploser, et chaque moment de joie, aussi petit soit-il, est une énorme soupape de décompression. On vit avec eux l'accompagnement d'une personne malade, avec ce qu'elle entraîne de contraintes et d'angoisses autant que de besoin de se raccrocher à tous les chouettes moments.
Et puis forcément, à un moment, ça déraille. J'adore les pétages de câble sur scène, ça me fascine. Celui-ci, aussi douloureux soit-il, ne déroge pas à la règle. Il a quelque chose de captivant, peut-être aussi parce qu'il est un témoin redoutable de notre condition humaine, de notre gestion désastreuse de la fin de vie et de notre rapport à la mort. Et surtout parce qu'il vient brouiller une frontière qu'on n'ose jamais regarder en face : celle qui sépare l'aidant qui accompagne de celui qui, épuisé, en vient presque à vouloir que ça s'arrête, pour l'autre autant que pour lui. Tiphaine Raffier ne juge jamais, elle expose. Et c'est terriblement inconfortable. Les comédiens sont formidables d'authenticité et d'émotion retenue puis déballée. La caméra en direct donne un aspect cinématographique, presque documentaire à l'ensemble, comme pour nous immerger au plus près de cette famille en plein naufrage.
À cette ambiance ultra-réaliste, Tiphaine Raffier parvient à mêler une légère part de mystère. Comme si elle voulait être sûre d'intéresser le spectateurs, une deuxième histoire semble se mettre en marche en parallèle de la première. Plusieurs éléments attirent notre attention, quelque chose plane, on est comme en attente d'un autre événement. Et quelque chose d'autre arrive. Si j'ai aimé le mélange des genres, le changement d'ambiance, j'ai été peut-être un peu moins emballée par cette autre partie, un peu plus poussive, comme si on voulait être sûre qu'on avait bien compris le sujet, les questions soulevées par le spectacle. D'autant que, étant loin d'avoir tout compris à cette fin, j'ai remis en perspective tout le début du spectacle, jusqu'à me demander si je ne m'étais pas perdue un peu au fil du spectacle. Étrange.















