
Je meurs de ne pas mourir
Que ferait Thérèse d'Avila si elle revenait vivre parmi nous ? Cette pièce imagine le retour de la célèbre mystique espagnole dans une société qui, plusieurs siècles plus tard, n'a peut-être pas tant changé qu'elle le croit.
L'équipe artistique
Texte Paco Bezerra
Traduction Clarice Plasteig | Maison Antoine Vitez – Centre international de la traduction théâtrale
Mise en scène et scénographie Aurélia Lüscher
Interprétation Estelle Meyer
Assistanat à la mise en scène Marguerite de Hillerin
Création lumière, régie générale et lumière Julien Boizard
Régie et création son Nicolas Hadot
Création musicale Deena Abdelwahed
Scénographie et collaboration visuelle Arnaud Louski-Pane
Création costumes Léa Gadbois-Lamer
Collaboration visuelle corps et scénographie Cécile Kretschmar, assistée de Madeleine Davies
Conseil autour de Thérèse d'Avila Agnès Mathieu-Daudé
Conseils magie Claire Chastel / Yvonne III
Stagiaire à la mise en scène Manon Dupont-Heiser
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Estelle Meyer est une artiste hors-norme. Ses propositions sont toujours un peu hors-cadre. Mais ce que j'aime chez elle, c'est qu'elle rend accessible son univers. Elle est en décalage avec le monde, certes, mais plutôt que d'en faire une posture, plutôt que de s'en servir comme piédestal, elle nous emmène avec elle. Alors même si comme ça, moi, Thérèse d'Avila, ça ne me parle pas du tout, je lui fais confiance. Car c'est toujours simple avec elle : il n'y a qu'à se laisser porter.
J'avais peur du sujet religieux, comme j'avais peur du monologue de 1h30. Les deux inquiétudes sont balayées dès les premières minutes. Le sujet est porté à hauteur d'homme. Il y a une modernité dans l'écriture, une quotidienneté dans la manière de dire, qui donnent au spectacle l'impression d'une conversation avec la comédienne. Comme une amie qui nous raconterait Thérèse, et qui la raconterait à merveille. Il faut dire que le personnage lui va si bien. Un personnage entier, passionné, vivant, qui respire la liberté, qui revendique déjà une certaine forme de féminisme. Une femme qui fonde ses propres couvents, écrit, enseigne et tient tête aux hommes d'Église, à une époque où on lui demandait surtout de prier en silence.
Pour nous emmener avec elle, tous les coups sont permis. Le spectacle est multiple, mélange les genres comme son personnage a mélangé les vies, se renouvelle sans cesse, se passe sur scène autant que dans la salle. Les images de Aurélia Lüscher fonctionnent, on n'oublie jamais le beau. Mais c'est surtout Estelle Meyer qu'on a du mal à quitter des yeux. Entre Thérèse et Estelle Meyer, on finit par ne plus très bien savoir qui habite qui. Elle trouve le ton juste, alors même qu'elle joue tout à fond. Elle est à la fois complètement elle-même et complètement transcendée. Elle parvient à faire exister une forme d'irrévérence inhérente au texte et un profond respect du personnage qu'elle incarne. Elle est intense et à fleur de peau. Sainte Thérèse avait ses extases. Nous, on a eu Estelle Meyer.



















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