
Orso et moi
Le jour où leur fils naît devait être le plus beau de leur vie. Quelques heures plus tard, tout s’effondre. Pour continuer à avancer, une mère entraîne son enfant dans un imaginaire peuplé de pirates et d’aventures. Une façon de raconter les premières années d’une maternité loin des images parfaites, où l’amour devient parfois la seule bouée de sauvetage.
2026-10-06
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L'équipe artistique
Texte Géraldine Martineau
Mise en scène Justine Heynemann
Avec Géraldine Martineau et Ulysse Chaffin
Scénographie et costumes Marie Hervé
Lumières Héléna Castelli
Création sonore Ulysse Chaffin
Chorégraphie Charlotte Avias
Assistanat à la mise en scène Jinane Dolbec
Il y a des artistes qu’on suit les yeux fermés. Géraldine Martineau et Justine Heynemann en font partie. Alors forcément, leur collaboration nous donne très envie.
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
La première fois que je découvre Orso et moi, c'est via une photo. Une photo publiée par Géraldine Martineau sur ses réseaux, où on la voit dans un moment de grande complicité avec son fils. C'est une photo pleine de tendresse et de joie. J'ai adoré cette photo. Alors j'ai réservé, sans savoir quel lien particulier unissait Géraldine Martineau à son fils.
On le découvre très rapidement pendant le spectacle : le lien est bien plus complexe que ne pouvait le laisser présager la photo. Alors que la grossesse s'était déroulée sans accroc, l'accouchement, lui, se fait dans l'urgence. Le bébé en gardera quelques séquelles, mais bien moindre que ce qu'il aurait pu advenir - le lien mère-enfant, lui, est marqué à tout jamais.
On découvre une Géraldine Martineau effrayée, parfois agressive, une mère envahie de doutes qui se laisse constamment déborder par des émotions très fortes. Elle ne cherchera jamais à défendre son personnage : juste à le laisser exister sur le plateau. Elle joue sans jamais tricher, fragile, à fleur de peau. On sent que ce spectacle a quelque chose de cathartique pour elle, que les émotions ne sont pas rejouées : elles sont encore là. Le résultat, c'est un spectacle très intense - trop parfois, pour moi, qui n'ai pas la place d'accueillir autant de colère, de tristesse, d'angoisses.
D'autant qu'elle est accompagnée en live par Ulysse Chaffin, dont la création sonore accentue encore les ruptures de rythme, les accélérations de l'angoisse, le chaos de la détresse. Par moments, ça cogne de partout, et on encaisse. Heureusement, le théâtre et les jeux de l'enfance ne sont jamais loin. Tout au long du spectacle, Justine Heynemann glisse des clins d'œil à l'enfance : un décor qui se transforme, des danses, et ce combat de mère qui devient une bataille de pirates. De quoi adoucir le propos, et laisser respirer.
En sortant du spectacle, je repense à la photo. La tendresse et la joie étaient bien là. Simplement, je sais maintenant ce qu'elles ont coûté.
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