
Le malade imaginaire
Argan est persuadé qu’il est très malade. Très, très malade. Alors il passe son temps chez les médecins et a même une idée brillante : marier sa fille à un jeune docteur pour avoir un praticien à portée de main. Petit souci : Angélique aime quelqu’un d’autre. Pendant qu’Argan s’enfonce dans ses obsessions, Toinette, la servante qui a plus de bon sens que tout le monde réuni, décide de remettre un peu d’ordre dans cette joyeuse pagaille.
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L'équipe artistique
Avec Francis Perrin, Nathalie Cerda, Eric Laugérias, Eric Boucher, Jeanne Perrin, Louis Perrin, Clarisse Perrin, Côme Thomas et Jean-Luc Fabry
Mise en scène Francis Perrin
Assistante mise en scène Clarisse Perrin
Décor Jean-Michel Adam
Costumes Jean-Daniel Vuillermoz
Lumières Jacques Rouveyrollis, assisté de Jessica Duclos
Musique Michel Winogradoff
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
A l'annonce de ce spectacle s'affrontent en moi deux sentiments contraires : d'un côté, ma passion pour les vieux (et grands) comédiens, de l'autre, ma crainte d'un travail fait par-dessous la jambe, juste pour se faire plaisir. On ne s'appelle pas Mordue pour rien, quand je vois que Francis Perrin a invité dans sa distribution trois de ses enfants, qu'il s'est distribué dans l'un des plus grands rôles de Molière et qu'il assure aussi la mise en scène, la balance bénéfice/risque commence à pencher d'un côté. Alors, caprice de star ? Même pas. Juste un très bon spectacle.
En réalité, on avait presque raison : Francis Perrin se fait plaisir. Simplement, loin d'être un plaisir égoïste, c'est un plaisir qui se diffuse largement dans le public. Plaisir de jeu, plaisir de troupe, plaisir de texte, il n'y a aucun doute : la scène, c'est chez lui, et le bonnet du Malade lui va comme un gant. Son Argan est à son image : complètement pur. Gai, presque enfantin, l'oeil pétillant, il porte en lui une forme de naïveté et d'insouciance qui le rendent tout à fait attendrissant. On est très vite conquis par le personnage.
Et le reste de la distribution, me direz-vous ? Ben franchement, c'est carré. En fait, dans le Malade Imaginaire, une fois que vous avez un Malade, et une Toinette, vous assurez quand même pas mal des situations comiques prévues par Molière. Et sa Toinette relève le défi haut la main ! Nathalie Cerda a un sens du rythme, une gouaille, des mimiques, une voix qui siéent à merveille à la servante la plus chouette de Molière. Ses répliques font toujours mouche, on sent aussi de son côté un vrai bonheur d'être là.
De manière générale, cette allégresse imprègne la troupe. On sent une vraie joie d'être là et d'être ensemble. On avait peur que les enfants de Francis Perrin ne trouvent pas leur place sur scène, il s'en tirent finalement très bien - ils ont été à bonne école ! Et on doit reconnaître que c'est pas tous les jours que quand on annonce "madame votre fille", ce soit le sosie féminin du personnage du père qui débarque sur scène ! J'avoue, je me suis complètement laissée attendrir. Mention spéciale aussi à Louis Perrin, un Thomas Diafoirus bien gênant comme on l'aime. Quant aux amis de Francis Perrin, qu'il a également invités à le rejoindre pour l'occasion, ils viennent compléter cet ensemble joyeux et harmonieux. Le résultat est un Malade léger, drôle, accessible, classique. On passe la soirée le sourire aux lèvres - le rire s'y invitant aussi régulièrement : en voilà une chouette manière de lancer cette saison !


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